Backlog wall

Alors, je ne suis pas sûre que ça s’appelle comme ça. C’est ce que j’utilisais quand j’étais PO et ce que j’ai continué à utiliser avec les équipes que j’accompagne aujourd’hui, mais je n’ai pas retrouvé la référence… Je suis sûre de ne pas l’avoir inventé en tout cas. Si quelqu’un connaît le nom exact de cet atelier, je suis preneuse !

Ce n’est pas très compliqué : on input on a des items estimés à la louche (avec des animations de type « estimations line », « complexity / value matrix »…) et il faut faire notre release planning et peupler nos sprints.

A court terme (deux prochains sprints par exemple), on va retrouver des éléments de type story, sinon ce sera plutôt des features ou des epics.

Sur un grand mur, je mets les epics en ligne en haut du plus prioritaire au moins prioritaire, puis en dessous les features quand elles sont identifiées.

En dessous, je fais une ligne par sprint.

Ensuite, on complète le tableau avec les stories connues à ce jour. On met également les items plus gros, avec un tag pour se rappeler qu’il faut les détailler en grooming.

Puisqu’on a les estimations de complexité grosse maille, il faut essayer de rester sur un total par ligne uniforme et acceptable par l’équipe (sachant que ça reste bien sûr du doigt mouillé pour l’instant car on n’a pas encore de vélocité).

On peut également identifier les dépendances, il ne faut pas de dépendance sur une même ligne.

Fichier_002 (5).png

(Lorsque j’étais PO, il y a eu une période où un mur de mon bureau était entièrement utilisé pour cet affichage, et dans les faits c’était mon outil de travail principal. Plus à jour que dans Mingle, je dois l’avouer…)

J’ai déjà essayé de le faire dans l’autre sens à la demande d’une équipe (epics en vertical, ligne de temps en horizontal) mais j’ai trouvé ça moins bien pour deux raisons :

  • le tableau est plus modulaire en horizontal qu’en vertical (il est en général plus facile de rajouter une colonne qu’une ligne tout simplement parce qu’à un moment ça va être trop bas et il y a le sol). Hors le scope est notre variable d’ajustement, pas le temps, et le nombre de sprints est en général fixe.
  • quand on le fait en workshop, on a souvent fait avant un story mapping donc en gardant le fonctionnel en horizontal c’est la même logique d’un atelier à l’autre, et c’est plus confortable pour les participants plutôt que d’avoir à inverser.

Qui saura retrouver le nom original de représentation visuelle d’un backlog ? (parce que j’ai cherché avec les mots dont je me souvenais et je n’ai rien trouvé 😦 Ou alors c’est que avec le temps je l’ai trop adapté à ma sauce…)

Elevator Pitch

Pour définir une vision produit, la raison d’être d’une équipe, d’une entité ou d’une communauté… J’aime beaucoup utiliser des Elevator Pitch.

On trouve pas mal de techniques et de formats différents sur le net. Personnellement j’ai retenu celui-ci :

2017-10-29 21_17_51-Fichier_002 (3).png ‎- Photos.png

Je le recopie sur un paperboard pour les workshops en présentiel, ou j’utilise cette image comme image de fond sur une application de type « tableau blanc en ligne » pour les animations à distance (ce que j’essaye d’éviter, mais parfois on n’a pas le choix…).

Attention, lors de cet atelier ne sont retenus dans la version finale que les formulations précises qui sont comprises & acceptées par tous.

Comparative circles

Cet outil permet de travailler sur une stratégie produit au regard :

  • du besoin client (mais normalement si on est passé par l’étape des personae = story mapping par exemple ce sera rapide car on a déjà fait le lien avec les usages)
  • de la concurrence
  • de notre propre positionnement (en tant qu’entreprise / entité / équipe…)

On va commencer à toucher du doigt des notions de stratégie : est-ce que je dois privilégier le fait de rattraper au plus vite notre retard sur une fonctionnalité qu’un concurrent propose déjà ? Au au contraire chercher un positionnement différenciant ?

Je vous conseille cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=bl5cyZlay4k

Et voici en une image la déclinaisons que j’utilise de cet outil en workshop :

Fichier_002 (2).png

Les différentes étapes de l’animation :

  • En input : une liste d’items (epics, features, user stories…) qui peuvent venir d’un brainstorming par exemple.
  • Je dessine les trois cercles
  • On commence par se concentrer sur le client. Quels sont les items qui l’intéressent ? On peut pour cela utiliser les personae si on en a fait précédemment. On délimite alors deux zones :
    • les fonctionnalités que veut le client
    • ce qu’il ne veut pas. Pas besoin de passer plus de temps sur cette zone ! Si on a plusieurs post-its dans cette zone on peut par contre prendre note pour plus tard (ou pour itérer sur le même exercice) : est-ce que nous nous adressons au bon client ? Est-ce que nous n’aurions pas intérêt à revoir notre cible marketing ?
  • On se concentre ensuite sur nos concurrents. On peut avoir préparé l’atelier avec une petite veille concurrentielle par exemple. Dans le cercle « client » (qui est le seul qui nous intéresse maintenant), on délimite alors deux zones :
    • les fonctionnalités que veut le client et que nos concurrents proposent
    • les fonctionnalités que veut le client et que nos concurrents ne proposent pas
  • On se concentre ensuite sur notre propre positionnement. Dans le cercle « client », on délimite alors 4 zones :
    • les fonctionnalités que veut le client, que nos concurrents proposent, et que nous ne faisons pas → souhaitons-nous investir pour rattraper notre retard ? Pouvons-nous le faire rapidement ?
    • les fonctionnalités que veut le client, que nos concurrents proposent, et nous aussi → c’est une zone ou la concurrence est difficile. Souhaitons-nous investir pour continuer à améliorer ces produits pour être différenciant à fonctionnalité égale ?
    • les fonctionnalités que veut le client, que nos concurrents ne proposent pas, mais nous si → nous avons un avantage dans cette zone, il s’agit de le garder !
    • les fonctionnalités que veut le client, que nos concurrents ne proposent pas, et nous non plus → c’est une zone pleine d’opportunité mais également pleine de risques… aurons-nous le courage de l’explorer ?

Le support visuel avec les trois cercle n’a qu’un objectif : amener une équipe à se poser ces questions, à discuter… et décider d’une stratégie qui soit comprise et partagée par tous.

Parcours utilisateur vs. story mapping

Bon, n’étant pas designer UX, je vais essayer de ne pas dire de bêtises. Mais c’est pas gagné ^^’

Ce post a pour objectif de faire le point sur ces deux outils, dont j’ai découvert assez récemment… qu’ils étaient différents ! (en complément du post Workshop design « de l’idée au backlog » qui en présente un contexte d’application particulier).

Jusqu’à récemment, je faisais ce que j’appelais le plus souvent des « parcours utilisateurs » sans me rendre compte que c’était du « story mapping » et j’utilisais d’ailleurs allègrement les deux dénominations pour la même chose. La différence peut vous paraître évidente, je ne sais pas… en tout cas pour moi ça ne l’était pas du tout.

Voilà ce que j’en ai compris…

Parcours utilisateur

Il s’agit de creuser le parcours des personae. On arrive à une déclinaison contextuelle des éléments que l’on peut mettre dans une carte d’empathie par exemple (si cette phrase vous paraît obscure, rdv ici : Persona design).

En lisant pas mal d’articles à ce sujet j’ai trouvé plusieurs variantes de templates…

Voici celui que j’utilise :

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Bien sûr du coup, si on a plusieurs personae on au moins un parcours utilisateur par personae. On peut même en avoir plusieurs pour un même personae. En workshop, si on a un groupe de participants important, on peut les scinder en sous-groupes avec chacun un parcours utilisateur a réaliser.

Attention, c’est riche, ça permet de bien s’approprier les personae et leur contexte mais ça prend du temps !

Story mapping

Je vous recommande l’excellente conférence d’Alexandre Boutin sur le sujet.

Autant j’ai peu utilisé les parcours utilisateurs tels que décrits ci-dessus (comme je le disais je n’ai découvert que récemment la différence avec le story mapping…) autant j’ai beaucoup utilisé le story mapping.

Voici le type de template que j’utilise, et en fait c’est un peu une adaptation car je fais une ligne par persona :

2017-10-29 20_35_04-Fichier_002 (6).png ‎- Photos

Comme le dit Alexandre dans sa conférence, je pars d’une notion d’étapes chronologiques au début de l’exercice (ça aide à se projeter dans les baskets de l’utilisateur), puis je relâche un peu cette contrainte si ça aide la réflexion. Ce n’est pas le côté chronologique qui est important, mais le fait de lister les usages…

Bien sûr, comme j’ai une ligne par persona, il y a potentiellement des doublons dans les items identifiés. Je pense que ce n’est pas grave, il est toujours assez facile de regrouper après sous un même wording pour désigner un usage commun à deux personae. Je trouve qu’il est beaucoup plus difficile de partir d’un usage unique et d’en déduire deux contextes d’usages différents pour deux personae différents…

Et vous, qu’utilisez-vous comme outils ? Story mapping ? Parcours utilisateur ? Les deux mon capitaine ?

Persona design : la carte d’identité

J’utilise très souvent des personae (je dis un persona, des personae, mais la plupart du temps je vois écris personas pour le pluriel… je ne sais pas ce qui est le plus correct ^^).

Pour le format, j’en ai expérimenté trois :

  • Une « fiche simple »
    • Qui est-il
    • Son but
    • Ses habitudes
    • Son besoin / ses attentes

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J’ai développé ce format pour un cours d’ergonomie il y a plusieurs années… et depuis il m’a plutôt bien servi, pour ce cours (mais je ne le donne plus maintenant), mais aussi en entreprise.

Je le partage donc ici, au cas où ça puisse également servir à d’autres 🙂

C’est un template plutôt détaillé, qui prend un peu de temps à la réalisation, mais qui je trouve permet vraiment de s’imaginer le persona en tant que personne à part entière.

A la base c’est un template au format électronique (pptx), mais on peut aussi l’utiliser un workshop en présentiel à condition d’avoir beaucoup de matériel type magazines à découper pour les images.

Voici le template et une version complétée avec le personnage de Tyrion (pour l’exemple ! bien sûr que ce n’est pas vraiment un persona…)

2017-10-29 11_08_55-Template persona.pptx - PowerPoint 2017-10-29 11_09_13-Template persona.pptx - PowerPoint.png

2017-10-29 11_00_22-Ergonomie_IMR2_Template persona.pptx - PowerPoint.png 2017-10-29 11_00_37-Ergonomie_IMR2_Template persona.pptx - PowerPoint

Et voici le fichier : Template persona

Qu’en pensez-vous ?

 

L’agilité zen

zenthings

Vous avez peut-être déjà vu cette liste, il en existe quelques variantes à 10 ou 12 items en général. J’ai retenu la version ci-dessus tout simplement pour son aspect coloré 🙂

Ça ne vous rappelle rien ?

Do one think at a time, Do it slowly and deliberately
Focus, l’une des valeurs de Scrum, ou les limites Kanban, trouver un rythme durable…

Do it completely
Quand c’est ce n’est pas done, ce n’est pas « done » 🙂

Think about what is necessary, Do less, Live simply
Principe 10 : « La simplicité – c’est-à-dire l’art de minimiser la  quantité de travail inutile – est essentielle. »
Keep it simple.
Less is more.

Put space between things, Develop rituals, Designate time for certain things
Toutes les cérémonies Scrum en sont des exemples !

Smile and serve others
Ne dit-on pas que le ScrumMaster est un « Servant Leader » ?

Make cleaning and cooking become meditation
Développer des routines, « Focus »…

Devote time to sitting
Hummm… j’adorerais tester quelques minutes de méditation avant les daily par exemple, pour démarrer la journée en pleine conscience et sans stress inutile 😉 A tester ?


Qu’en pensez-vous ?

Beaucoup disent encore que l’agilité sert à aller « plus vite ». Faire « plus », au lieu de faire « mieux ». Je dis souvent que dans nos métiers, il n’y a (presque) rien d’urgent, il n’y a que des gens pressés. Si seulement nous arrivions à être un peu plus « zen »… peut-être serions-nous alors naturellement plus « agiles » 🙂

Agile Tour Rennes 2017

Hier j’étais à l’Agile Tour Rennes.

Pour moi un Agile Tour, c’est un peu comme me replonger la tête dans la marmite de potion magique. C’est intense, ça réchauffe, ça booste en connaissance et en énergie et j’en ressors un peu « shootée » !

Comme tous les ans, il a été très difficile de choisir parmi toutes les conférences et ateliers proposés… Au final, voilà quel a été mon programme :

Keynote « Changer le monde une conversation à la fois » de Gery Derbier

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Ce que j’en retiens :

  • La recherche d’équilibre entre deux formes de logique/langage, sans jugement a priori sur l’une ou d’autre
  • Icebreaker / mise en pratique à l’échelle d’un amphi (ci-dessous ce que j’en ai retenu, dsl si ce n’est pas exactement ça…)
    • demander à votre voisin de vous raconter un moment « pétillant » pour lui, où il s’est senti fier
    • lui dire ce qui vous a impressionné dans ce qu’il vient de dire, mettre en évidence les qualités
    • lui demander : si ces qualités devaient être encore plus fortes chez toi, à quoi ton entourage pourrait le voir ? Quels en seraient les signes visibles ?
  • Idée d’animation : essayer de donner collectivement un nom à un problème difficile. Exemple : « mauvaise pression » = « Gargamel »
  • Idée de question à poser après une conférence ou formation : « suppose que cette conférence/formation ait été utile pour toi, à quoi le verrais-tu dans les prochains jours ? »

Conférence « Le design thinking et l’UX pour les PO » de Matthieu Gioani

J’en retiens une confirmation utile et rassurante de ce que j’ai appris/découvert/déduis sur ce terrain  :

  • Le PO fait face à trois challenges pour lequels l’aide d’un UX designer est précieuse (ou développer des compétences d’UX design chez le PO)
    • Réaliser
    • Fédérer
    • Anticiper
  • Tous les mêmes de l’équipe et en particulier le PO peuvent / doivent connaître, s’inspirer ou utiliser les bonnes pratiques du Design Thinking / UX design
    • Interview utilisateurs
    • Parcours utilisateurs (attention, c’est différent du story mapping)
    • Prototypage ultra-rapide
    • Tests utilisateurs
    • Design sprints
  • Sur le positionnement des différents rôles :
    • L’UX designer fait partie des parties prenantes (parfois nombreuses) qui ont des attentes / idées / recommandations pour la conception du produit
    • Le seul décisionnaire reste le Product Owner
    • L’UX designer intervient donc plutôt en amont, en collaboration avec le Product Owner pour définir / consolider / développer la Vision et le Backlog
    • L’UI designer intervient lui plutôt dans la mêler pour la réalisation graphique des interfaces
    • Même si les rôles UX designer et IU designer sont portés par la même personne, ils sont différents

Conférence « Au secours, mon chef m’a demandé de passer au DevOps » de Antony Guilloteau

J’y allais pour essayer de trouver quelques clés pour m’aider à accompagner des équipes qui veulent passer en devops. Je sais ce qu’est le devops, mais je me suis souvent demandé : en tant que coach agile, par où commencer l’accompagnement vers cet objectif ? De ce point de vue, voici ce que j’ai retenu de la conférence :

  • 3 grandes étapes dans la mise en place d’une démarche devops
    • Regarder ce qui prend du temps (pas cité en conférence, mais j’y vois du Value Stream Mapping par exemple…)
    • Intégrer les ops, binômer (j’imagine pouvoir utiliser des techniques similaires par rapport au lancement d’un projet Scrum par exemple où il faut rapprocher les interlocuteurs métier et business avec l’équipe)
    • Amélioration continue
  • Pas mal de points de vigilance à avoir : attention aux régressions techniques, développer avec al cible, monitorer, attention à la stabilité du produit, quel service minimum si tout plante, etc…
  • Une réflexion très intéressante sur les limites de la pluridisciplinarité, et faire attention à ne pas devenir moins compétentes à force de vouloir développer la multi-compétence

Keynote « Libérer l’entreprise de son patron… pour plus de performance » d’Alexandre Gérard

Je connaissais l’histoire et je l’avais déjà vu en conférence, mais Alexandre Gérard est un très bon orateur et c’est toujours un plaisir.

Standing ovation bien méritée à la fin de la keynote ! \o/

Atelier « WSJF : quésaco ? » avec Thierry Conter

Je retiens que cette technique (utilisée dans SAFe pour la priorisation des Epics) permet notamment de prendre en compte l’aspect « réduction de risques » dans la priorisation. Il n’y a pas que ça, mais c’est surtout ce point qui m’intéresse.

Dans un backlog, les items techniques type « migration de solution », « refactoring », « études » (ou spikes)… ont parfois du mal à être priorisés par les Product Owners. Et à leur décharge ces éléments qui sont important d’un point de vue réduction de risque technique, préparation de l’avenir, vision long terme… sont évalués comme les autres en terme de valeur business et complexité, ce qui ne reflète pas forcément ce qu’ils apportent vraiment au produit.

Grâce à cette technique (ou en l’adaptant un peu), en ajoutant une dimension « réduction de risque » à l’évaluation des items, la priorisation de ces items pourrait être facilitée (et pas uniquement au doigt mouillé, parce que l’équipe de réalisation pousse une gueulante ou qu’on ne peut pas faire autrement car on a attendu d’être au pied du mur…)

Retour d’expérience « Top 7 des rétrospectives les plus insolites, la 10 va vous étonner ! » de Morgan Gautier

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Et hop, pourquoi ne pas repartir avec quelques idées d’animation de rértos en plus, on n’en n’a jamais assez 🙂 Sur les 11 présentées, il y en a 5 que je n’ai jamais testées.

Pourquoi pas une petite rétro star wars en fin d’année, ça collera avec l’actualité cinématographique 🙂

En en plus…

+ plein de retrouvailles chaleureuses, quelques rencontres, un peu de trop de café, un très bon buffet à midi et des goodies sympa (spéciale dédicace à la KoKan qui se creuse la tête pour proposer des goodies originaux et « écolo » : l’année dernière une graine à planter, cette année une pomme marquée de leur logo mais tout à fait comestible et juteuse… bravo pour cette démarche !)

J’aurais adoré pouvoir faire la journée du samedi avec mes enfants (j’ai testé l’année dernière et c’était vraiment top), mais des contraintes familiales en ont décidé autrement… L’année prochaine peut-être ? 😉

Achats conscients : une petite expérimentation

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Il s’agit d’une petite expérimentation en vide-grenier inspirée des pratiques de « participation consciente » (cf. Université du Nous : http://universite-du-nous.org/a-propos-udn/son-modele-economique/).

Concrètement, voici les règles que je me suis fixées pour la journée :

  • Ne jamais donner de prix, pas même un ordre de grandeur
  • Accepter la vente, quel que soit le prix que l’on me propose
  • Essayer dans la mesure du possible d’expliquer au mieux ma démarche

Voici un petit bilan.

Les réactions

Pour une petite minorité de personnes, ça ne pose pas du tout de problème. Ils sourient et donnent un prix, très naturellement.

Pour une autre très petite minorité, c’est rédhibitoire. Deux fois, les personnes ont préféré partir plutôt que de se risquer à donner un prix.

Dans la très très grande majorité des cas, les personnes sont surprises, plus ou moins mal à l’aise, mais finissent quand même par donner un prix. A chaque fois que j’ai eu le temps d’expliquer un peu d’où venait cette idée un peu bizarre, le malaise laissait place à un réel intérêt, des sourires, voir des encouragements.

Cela m’a vraiment fait penser à la courbe de l’innovation de Rogers…

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Avoir confiance dans l’humanité 🙂

J’ai eu vraiment beaucoup de fois ce type d’échange quand j’expliquais aux personnes le principe et que j’accepterai leur prix, quel qu’il soit :

« Il ne faut pas faire ça ! Vous allez vous faire avoir ! Vous savez, il y a des gens qui vont en profiter… »

« Est-ce que vous, vous allez en profiter ? »

« Oh non, pas moi ! Mais il y en a qui sont comme ça, vous allez voir ! »

« Peut-être… Mais c’est une expérimentation, j’ai fixé les règles et je vais m’y tenir, on verra bien à la fin de la journée. »

Au final… Non, je ne me suis pas « fait avoir ». Certaines personnes ont donné des prix en dessous de ce que j’aurais proposé. D’autres des prix au-dessus.

Il y a eu une seule fois où j’ai eu un doute sur le système : en tout début de journée, une dame à rempli un grand sac avec plein de trucs pour 2 euros. L’expérience était sur moi aussi, car ça a vraiment été difficile de sourire et d’accepter sa proposition sans laisser rien paraître. Mais je pense avoir réussi. Ma première pensée a été : « quand même… elle exagère ! ». Depuis j’ai réfléchi : qui suis-je pour la juger ? Peut-être qu’elle a peu de moyens que si elle avait dû payer le prix que d’autres mettent, elle n’aurait tout simplement rien acheté. C’était essentiellement des jeux et livres pour enfants et elle avait un petit dans une poussette. C’est donc parfait si les objets dont je n’ai plus l’usage peuvent servir, à un prix qui lui convenait.

Je pense vraiment que personne n’a « abusé » du système. Par contre, une majorité des personnes étaient persuadées que les autres le feraient… C’est intéressant, n’est-ce pas ?

La valeur et le besoin

Plusieurs fois, j’ai eu la réaction suivante : confrontés à la nécessité d’évaluer la valeur de l’objet, les personnes renonçaient en disant : « non, je n’en n’ai pas vraiment besoin » ou « finalement non, ça va m’encombrer plus qu’autre-chose ».

Je pense que ces personnes auraient acheté pour acheter si j’avais donné un prix symbolique (comme ça se fait souvent en vide-grenier). Pour 1 euros… quelle importance si ça ne me sert pas finalement ? Mais en devant fixer eux-même le prix, ils se posent aussi naturellement la question de leur besoin réel.

Même si dans ces cas-là j’étais un peu déçue de ne pas voir les objets partir (car un vide-grenier ça sert bien à ça : vider le grenier ^^), j’ai trouvé cette réflexion sur la valeur et le besoin réel plutôt saine.

Et les premiers « intéressés » ?

Je n’ai pas de pression particulière sur le « chiffre » de la journée, comme je le disais le but premier est de vider le grenier.

Mais chez nous, une partie des « bénéfices » que nous faisons sur le vide-grenier annuel où nous vendons constitue aussi le seul argent de poche des enfants. C’est un mécanisme que nous avons mis en place depuis qu’ils sont tout petits pour favoriser le renouvellement du stock de jeux : il faut qu’ils acceptent de se séparer de ceux dont ils ne se servent plus pour avoir un peu d’argent de poche et peut-être s’offrir d’autres jeux (qu’ils achètent aussi pour la plupart aussi en vide-grenier). Pour le coup on est souvent perdants (nous vendons des jouets en bon état et des fois ils nous ramènent des trucs payes deux fois plus cher à moitié cassés…) mais ce n’est pas bien grave. Ça les motive à faire du tri et ils adorent faire leurs achats.

Tout ça pour dire que je n’étais pas certaine de ce que les enfants (étant les premiers intéressés par le bénéfice de la journée) penseraient de tout ça. Mais je m’inquiétais pour rien… ça ne les a même pas fait tiquer ! Rien du tout. Ce mécanisme de vente ou un autre… aucun a priori de leur côté 🙂

Bilan

Au final, j’ai fait une très bonne journée.

Je pense que j’ai plus vendu que d’habitude. Devoir fixer un prix a découragé une poignée de personnes mais plus souvent ça les a plutôt incités à regarder plus attentivement ce qu’il y avait d’autre sur le stand : puisqu’ils allaient donner un prix, autant regarder ce qui pouvait les intéresser d’autre et proposer un prix global !

Entre ceux qui proposaient moins que ce que j’aurais dit et ceux qui proposaient plus, je pense avoir été globalement un peu « gagnante » mais c’est difficile à estimer. Il faut dire que j’ai l’habitude de vraiment beaucoup brader en vide-grenier, je veux surtout que ça parte.

Je garde le plus important pour la fin : ce mode de fonctionnement a été générateur de discussions, j’ai beaucoup plus échangé avec les gens que les autres années. Ma journée a été remplie de sourires et de bienveillance, c’était vraiment très agréable ^^

C’est décidé… L’année prochaine je recommence ! Et qui sait… Peut-être que je ne serai plus la seule ? Car à un moment j’ai entendu une jeune fille répéter avec beaucoup d’enthousiasme mes explications sur la participation consciente et les achats conscients à une de ses copines en montrant mon stand du doigt… Et là je me suis dit : j’ai VRAIMENT gagné ma journée 🙂