Agile Grenoble – Mes notes

De retour d’Agile Grenoble… et c’était juste… génial !!! 🤩

J’y ai fait une Keynote, mais c’est une histoire à part que je vous raconterai dans un autre post quand la vidéo sera disponible (oui, en plus il y a des traces…….)

Ici je voudrais juste partager mes notes (version graphique 😉) des autres Keynote et conférences auxquelles j’ai pu assister.

Merci aux orgas, orateurs, sponsors… ça peut paraître bateau mais sans eux rien de tout cela n’existerait, on le dit on le redis mais quand même… c’est magique quand on y pense : ils ont transformé leur temps, leur énergie, leur participation financière en tellement de valeur pour tellement de participants ! ❤️

Donc merci encore, vous êtes loin mais je ne regrette pas une seule minute passée dans le train 🙂

Et hop, voici mes notes 🤗

Super héro du quotidien – Alexandre Boutin
L’amour dure trois ans – Didier Abel et Guillaume Mary
Arrêtez les régimes agiles, ça ne marche pas ! – Émilie Esposito
Le manque de femmes dans le numérique n’est pas une fatalité – Isabelle Collet
Les biais cognitifs dans le dev – Sylvain Coudert
Pas d’agilité sans continuous delivery – Bastien David, Johann Martinsson, Rémy Sanlaville
Percevoir et communiquer – Yves Rossetti
Ag8te et gouvernance cellulaire comment les marier ? – Christophe Hérault, Nathalie Jeauffroy
Mon équipe ne voit pas le problème – Gregory Alexandre
Voir le mammouth avancer – Laurence Hanot, Brice Kieffer

J’ai également assisté au spectacle de Stéphanie Febvay : « One woman show : 40 ans, maman, manager : l’agilité au quotidien ! »

Pas de notes pour celui-ci et pourtant c’est un coup de cœur ♥️ ! C’était drôle, intelligent, débordant d’énergie, et tellement visuel que ça aurait été un crime d’en perdre une miette en prenant des notes. Pour avoir un aperçu et vous faudra attendre la video… ou l’inviter dans votre entreprise pour profiter de toute cette énergie positive en live 😃

Ma conclusion en tant que participante : je n’étais jamais venu à cause de la distance, mais une chose est certaine, si je peux je serai des votres l’année prochaine sans faute ! Ce n’est donc qu’un au-revoir 😘


La vie comme une aventure

Presque un an sans rédiger un post… et pourtant ce n’est pas la matière qui manque, j’ai une liste à rallonge de sujets que j’aimerais partager, presque aussi longue que ma liste de sujets à creuser et de livres à lire en fait 🙂

Et comme il n’est jamais trop tard pour s’attaquer aux to do lists, je m’y remets !

Un des événements marquants pour moi cette année a été… ma conférence TEDx ! Il y a un an, jamais je n’aurais imaginé réussir à faire ça un jour. Mais j’ai été encouragée, accompagnée, coachée par une super équipe de bénévoles et ils ont su croire en moi quand moi je ne voyais que mes limites et mes défauts ❤

Que de travail acharné, d’enseignements, de satisfaction et d’émotions dans cette aventure qui me tenait tellement à cœur : partager ma passion 🙂

Alors voilà, je n’en dit pas plus, et je vous laisse regarder la vidéo si vous le souhaitez :

La vie comme une aventure | Elodie Descharmes | TEDxLannion

Gamification, motivation et horizons de temps

Disclaimer : je ne suis pas une experte des domaines que je vais aborder ici, je n’ai pas la prétention d’énoncer une vérité ni de dire ce qu’il faut faire ou pas. Mon intention est simplement le partage d’une réflexion personnelle et l’explication de comment cette réflexion a influencé mes pratiques aujourd’hui. J’espère ne pas dire trop de bêtises, par rapport à la théorie que des experts connaissent beaucoup mieux que moi, et par rapport à la pratique car tout cela étant très évolutif, peut-être que dans 6 mois je me relirai en n’étant plus d’accord avec moi-même 😉
Merci donc par avance pour votre indulgence.

Motivation vs comportements addictifs

Il y a quelques années, alors que je discutais de l’apport du jeu en entreprise avec un interlocuteur dont je ne me rappelle pas la fonction (à un Agile Tour), celui-ci m’avait dit quelque-chose comme ça :

Quand je pense à certains jeux basés sur le farming (*) par exemple, il y a des personnes qui passent leur soirée à effectuer des tâches répétitives, voir même se reconnectent en pleine nuit pour nourrir des plantes ou des animaux virtuels, tout ça pour gagner des récompenses virtuelles. J’aimerais tellement que les contributeurs de mon projet fassent preuve du même engagement ! C’est ça ce que j’attends de la gamifaction en entreprise.

Cette remarque m’avait horrifiée.
Ce que décrivait mon interlocuteur était pour moi un comportement addictif, pas le signe d’un véritable engagement.

Je ne suis pas une spécialiste du domaine, je ne suis pas psy, j’espère donc ne pas raconter trop de bêtises dans cet article… Mais il me semble qu’il y a dans le type de comportement décrit ci-dessus (et souvent recherché par les mécanismes de game design) il y a deux niveaux :

  • le plaisir issu de la satisfaction du besoin de collecte, de possession (ex Farm Ville), ou tout simplement du son, des couleurs vives, du plaisir d’aligner des trucs (Candy Crush), ce plaisir qui déclenche la petite dose de dopamine qui stimule notre cerveau
  • le comportement addictif qui peut en découler lorsque l’on devient accro à cette stimulation

Nous sommes donc dans l’instinctif, l’immédiat.

Alors que pour moi, un véritable engagement est lié aux valeurs, il est conscient et durable. C’est le produit d’une réelle motivation, liée au WHY de Simon Sinek.

Ce « why », c’est le « pourquoi » nous sommes là, pourquoi nous faisons ce que nous faisons de la manière dont nous le faisons. Pour qu’il génère une vraie motivation (intrinsèque), ce « pourquoi » doit être lié à mes valeurs. « faire plus d’argent, de profit, vendre plus » ce n’est pas un « pourquoi » valable pour susciter une motivation intrinsèque. La question est plutôt quelque-chose comme : « en quoi mes actions rendent le monde meilleur ? »

Voilà pour moi où se niche la vraie motivation (qui peut aussi se référer au Ikigai japonais pour une vision plus complète, réaliste et durable), pas dans le fait de collecter des récompenses virtuelles. Vu de l’extérieur le résultat peut se ressembler : deux personnes se donnent à fond dans la réalisation de leur tâche. Mais l’une d’elle est peut-être en train de satisfaire une addiction, alors que l’autre s’accomplit réellement dans quelque-chose qui la passionne.

PS : au sujet de la recherche du plaisir (et le risque d »addiction associé) vs. la recherche du bonheur, je vous conseille vivement de creuser du côté des travaux récents du professeur Robert Lustig dont cette vidéo donne un teaser en quelques minutes :

Plaisirs ≠ bonheur : la théorie scientifique sur le bonheur de Robert Lustig

Le jeu pour le jeu en entreprise… un certain malaise

J’avais déjà avant l’entretien que je cite plus haut un certain malaise face à la pratique du jeu en entreprise, en tout cas une certaine pratique du jeu et le discours sur la gamification. En bref, tout ce qui est du type badges, coupes, étoiles, bons points à collecter ou même barre de progression pour compléter un profil suscite chez moi une vraie méfiance.
Je comprends (et partage) dès lors la méfiance de certaines personnes face au jeu en entreprise. Pourtant je l’utilise, notamment en formation, mais toujours en partageant avec les participants l’intention. Par exemple, quand je propose en formation scrum une mise en pratique avec des legos, j’explique d’abord que c’est un raccourci, une manière de pratiquer l’ensemble des rôles, artefacts et cérémonies de la méthode sans avoir à développer un vrai produit ce qui serait beaucoup trop long pour le temps de la formation. Lorsque je propose un icebreaker, je précise par exemple que l’objectif de l’exercice est que chacun connaissent au moins les prénoms des autres personnes présentes (ou autre, en fonction du jeu choisi). En gros, j’essaye de connecter la pratique que je propose à un « pourquoi » qui permette l’engagement des participants (même si c’est un pourquoi assez modeste à cette échelle).
Je ne l’ai pas toujours fait… je peux donc comparer l’engagement des participants sans explication de l’intention et avec explication de l’intention. A l’usage, je préfère largement la deuxième option !
(Et c’est un peu annexe par rapport au sujet ici, mais le partage de l’intention favorise aussi la sécurité psychologique du groupe 😉 )

Certes, il y a des personnes qui adorent le jeu pour le jeu, et peut-être que si un collectif était constitué uniquement de ce profil de personnes, le jeu pourrait être une motivation en tant que tel. Mais je n’ai jamais rencontré ce cas de figure, les personnes qui constituent un collectif étant toutes différentes (et heureusement, car la diversité est ce qui fait leur force, ce qui va permettre l’intelligence collective et le fameux 1+1=3 pour peu qu’on lui donne un contexte et les outils nécessaires à son développement).

Pour moi il y a donc jeu et jeu. Celui qui est imposé, non connecté aux valeurs et qui peut générer rejet ou comportements addictifs aux deux extrêmes (ex : en formation, une personne peut refuser de participer, une autre se plonger dans le jeu au détriment de son apprentissage ou du respect du collectif). Et le jeu que l’on connecte à un « pourquoi » qui motive, qui engage, et qui va faciliter d’autant plus cet engagement car, les neuro-scientifiques nous le disent, il n’y a rien de mieux que le jeu pour susciter l’attention.

Et les horizons de temps dans tout ça ?

Reprenons l’exemple très connu « casser des pierres ou bâtir une cathédrale ».

Sur la route en direction de Chartres, Charles Peguy croise trois hommes en train de casser des cailloux à l’aide d’un maillet.
Lorsqu’il demande au premier ce qu’il fait, l’homme lui répond d’un ton amer : « Je casse des pierres. J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide. »
Un peu plus loin, il pose la même question au deuxième homme qui lui répond, serein : « Je suis casseur de pierres. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pires que la mienne. »
Enfin, il interroge le dernier homme qui, enthousiaste, lui explique : « Moi, je bâtis une cathédrale ! »

Source

Quand un projet est géré par le court terme, pour moi c’est comme si les décisions étaient prises à l’échelle des pierres. L’homme qui travaille va voir que l’on fait des économies par exemple en réduisant la qualité de la roche utilisée, même si on sait que c’est une roche plus tendre et moins durable dans le temps. Il va voir que l’on mesure sa productivité au nombre de cailloux cassés ou au nombre de pierres empilées. Bref, les décisions sont prises sur des critères court terme, les KPI mesurent le court terme.
Dans ces conditions, on pourra faire tous les séminaires que l’on veut pour lui expliquer qu’il est en train de construire une cathédrale… je doute que qu’il adhère à cette vision, car elle n’est pas alignée avec la réalité de son quotidien.

Au contraire, dans un projet géré par le long terme, les décisions sont prises en fonction de la vision. Nous voulons construite une cathédrale, nous voulons qu’elle perdure au fil des générations et des siècles, alors nous allons prendre des matériaux qui permettent cette vision. Nous partageons la vision de l’avancement global, pas individuel ou même à l’échelle d’un sous-ensemble de personnes. La seule échelle qui compte, c’est la cathédrale, la vision, celle que les personnes ont pu connecter à leur « pourquoi ». Toute décision, toute mesure est reliée à cette vision.

Bien sûr ce sont deux extrêmes et la réalité est toujours un peu entre les deux. Mais malheureusement, il suffit d’une décision court terme non alignée avec la vision long terme pour casser l’engagement. Pour moi c’est exactement comme pour la confiance. Je ne peux pas la décréter (pas plus que l’engagement), je ne peux qu’essayer de la gagner. Elle est précieuse et fragile, difficile a construire, tellement prompte à se briser.

J’en parle ici, car je trouve que les mécanismes de gamification s’intéressent surtout au très court terme. En gros, casser des pierres peut être considéré comme un jeu, présenté avec les mécanismes de game desin qui vont bien.
Certes.
Mais je pense que ça ne remplacera jamais une réelle vision long terme.

Jouer oui, mais à bon escient ?

Je ne m’oppose vraiment pas à l’utilisation du jeu en entreprise, il y a plein de contexte où c’est très utile. Mais comme n’importe quel outil, je pense que tout dépend de son utilisation.
Par exemple si j’utilise des jeux en formation, comme expliqué plus haut, je prends le temps d’expliquer pourquoi.
Au quotidien nous pouvons aussi bien sûr utiliser ces petits mécanismes qui nous amusent et nous poussent un peu en avant… mais avec modération. Jamais ils ne remplacerons une réelle motivation et cette motivation devrait être un pré-requis. Si je l’ai, alors je peux sans risque introduire des petits tips pour encourager au quotidien, de la petite récompense virtuelle au simple plaisir de déplacer un post-it dans la colonne « done ». Il n’y a pas de mal à ça.
Mais si je n’ai pas cette motivation à la base, si je cherche un « engagement » uniquement par la gamification, alors peut-être que je suis en train d’essayer de remplacer un travail sur l’engagement réel par la recherche de comportements addictifs… Peut-être que je suis en train d’essayer de gamifier le cassage de cailloux plutôt que d’engager sur la vision de la cathédrale ?

Et bien sûr, tout ceci n’empêche pas de proposer à une équipe de faire des jeux juste pour jouer, en dehors de toute préoccupation de production, si c’est ok avec leur management 🙂 Car je suis aussi persuadée qu’une équipe qui joue ensemble, qui rit ensemble, c’est une équipe plus soudée ! Mais là aussi je pense qu’il faut que l’intention soit claire qu’il est aussi indispensable de respecter les personnes qui n’en auraient pas envie. Qui sait, voyant leurs collègues passer un bon moment ensemble, peut être qu’elles changeront d’avis ? 😉

Pour conclure : je pense que le jeu peut être délicieux… tant qu’il reste la cerise sur le gâteau, où le gâteau représente la motivation connectée à un « pourquoi » et des valeurs 🙂

* Le farming est une pratique récurrente dans les jeux qui nécessitent que le personnage joué acquière un certain niveau pour progresser, ou un certain nombre d’objets ou de pièces. 

BISOU

Dans une logique d’évolution vers le minimalisme et le zéro déchet, j’essaye d’appliquer la méthode BISOU à chacun de mes achats.

Qu’est-ce que la méthode BISOU ?

C’est très simple. Avant chaque achat, je me pose les 5 questions de l’acronyme « BISOU ». Voici de manière synthétique et visuelle la signification des 5 lettres et la manière dont je les interprète en 5 questions simples.

Je pense que vous avez compris le principe. Si on répond « oui » à toutes les questions, l’achat est justifié. Sinon c’est que ça peut attendre, le besoin n’est pas réel, je peux trouver une alternative (moins impactante écologiquement que la fabrication d’un nouveau produit) ou je vais essayer de trouver une alternative d’achat plus en accord avec mes valeurs et principes.

Forcément, ce n’est pas du 100%, et je fais parfois des entorses… que mes enfants sont les premiers à me reprocher d’ailleurs « Maman, tu es sûre que c’est vraiment BISOU ça ? »

La décision finale m’appartient. Mais au moins, j’ai un moyen simple de challenger mes choix et d’échanger avec ma famille pour expliquer et les impliquer dans la démarche pour réduire notre empreinte écologique, ensemble.

Pourquoi en parler ici ?

C’est bien gentil tout ça, mais quel rapport avec la thématique de ce blog ?

La recherche de la valeur et de la simplicité ! N’est-ce pas au coeur de toute démarche Lean / Agile ?

Rappelons les 7 muda du lean : surproduction, attentes, transport, étapes inutiles, stocks, mouvements inutiles, corrections / retouches

  • surproduction : c’est tout l’intérêt de la démarche, éviter la production d’objets inutiles
  • attentes : acheter juste à temps
  • transport : en achetant uniquement ce dont j’ai besoin et au moment où j’en ai besoin, je minimise les « sorties shopping ». Ceci dit sur ce point il faut aussi trouver un compromis car si j’attends toujours le tout dernier moment pour tout j’irai faire des courses tous les jours. J’ai finalement opté pour « le jour des achats » dans la semaine. Je peux planifier ce dont j’aurai besoin pour la semaine (avec une liste des repas/recettes). Pour les achats non-alimentaires, sauf grosse urgence ça peut attendre le prochain jour des courses… ce qui laisse en général un peu de temps pour bien se poser les 5 questions BISOU 🙂
  • étapes inutiles, mouvements inutiles : limiter le nombre d’objets dans mon quotidien limite aussi tout le travail pour les ranger, les entretenir… ça simplifie la vie quotidienne !
  • stocks : ça me paraît évident 🙂 Il y a toujours un peu de stock, dans mon cas et après expérimentation je trouve que l’échéance d’une semaine est très bien. Evidemment, c’est assez incompatible avec les achats de masse aux périodes de promotion… mais je pense que globalement en évitant d’acheter des choses qui ne serviront pas on économise plus qu’en achetant moins cher des produits qui risquent de ne pas servir.
  • corrections / retouches : après avoir expérimenté ce mode d’achat depuis quelques années, je constate que je réfléchis beaucoup plus chaque achat en privilégiant la polyvalence et la qualité. Je veux des objets qui peuvent me servir le plus possible et tenir dans le temps (et ainsi éviteront d’autres achats).

Regardons maintenant du côté du manifeste agile. Là pour le coup, c’est encore plus simple, c’est écrit noir sur blanc dans les principes du manifeste :

La simplicité – c’est-à-dire l’art de minimiser la quantité de travail inutile – est essentielle.

Bien sûr, il y a toujours des exceptions. Je n’applique pas cette méthode bêtement et systématiquement, il y a toujours un contexte. Mais elle m’aide (comme pour toute méthode) :

  • à identifier les exceptions, les cas où on voudrait faire une entorse à la règle
  • à challenger ces exceptions : qu’est-ce qui est si important pour moi que cela justifierait de ne pas respecter cette méthode ? Est-ce en accord avec mes valeurs et principes ? Est-ce plus important que les valeurs et principes que j’essaye de promouvoir avec cette méthode ?

Donc si une exception est faite, elle est faite en conscience, j’ai pris le temps de me poser les questions et d’identifier l’argument qui serait plus important que les principes à la base de cette méthode.

Est-ce que c’est simple ? Non.
En théorie oui. En pratique, pas du tout.
Et là aussi, ça me rappelle beaucoup les tensions liées aux évolutions agiles des organisations. Nous comprenons le principe, nous l’approuvons, mais quand il s’agit de l’appliquer entièrement c’est tout de suite plus compliqué et on se retrouve avec ce verbatim caractéristique : « oui mais dans mon contexte, c’est particulier, on ne peut pas… » Pourtant les principes ne devraient pas s’appliquer uniquement quand ça nous arrange ou quand ça nous semble facile. Tout cela est systémique, nos pratiques influencent le contexte et réciproquement… alors agissons sur nos pratiques puisque c’est la seule chose sur laquelle nous avons vraiment la main !
Bref. C’est pareil pour la méthode BISOU. « Oui, mais c’est Noël, on peut bien se faire plaisir ! » Oui et non. Peut-être. Peut-être est-ce un argument valable pour faire une exception. Et peut-être qu’en y réfléchissant un peu, je peux trouver des moyens de faire plaisir sans passer par l’achat de produits manufacturés. Peut-être aussi que je peux rechercher des artisans de proximité pour faire plaisir à mes proches avec des cadeaux de qualité tout en soutenant l’activité de femmes et hommes de talent.

C’est à ça que servent ces questions : challenger le besoin, et si le besoin est confirmé trouver la meilleure option pour la planète.

Et si nous allions plus loin ?

Je travaille dans un environnement où on produit du software. Ce n’est pas vraiment un produit physique, mais il n’en a pas moins un impact écologique significatif, notamment en terme de consommation des data center, du réseau, des terminaux…
De plus, j’ai l’impression d’avoir toujours été dans des organisations qui se plaignaient d’avoir trop à faire pour pas assez de moyens : il faut livrer toujours plus, toujours plus vite, avec moins de personnes !

Et si… et si on faisait moins, mais mieux ?
Et si, avant chaque lancement de nouveau produit, on se posait les questions :

Besoin : est-ce que le besoin auquel répond ce produit/service a été prouvé ? Sur la base de quels éléments factuels ?

Immédiat : est-ce que ce besoin est immédiat (ou à l’horizon du temps qu’il nous faudra pour créer le produit/service) ?

Semblable : est-ce qu’il n’existe pas déjà un produit/service semblable qui réponde déjà au besoin ? (même chez la concurrence)

Origine : est-ce que je suis capable de réaliser ce produit/service dans de bonnes conditions pour l’ensemble des personnes impliquées (y compris sur toutes la chaîne des fournisseurs ) et avec de bons matériaux (éthiques et écologiques)

Utile : ce produit/service sera-t-il vraiment utile ? Comment faisaient les clients avant pour s’en passer ?

J’imagine que vous vous dites qu’il n’y a pas beaucoup de produits que nous réalisons qui passent ce filtre. L’idée n’est pas de tout arrêter. Mais de challenger, se poser des questions. Prioriser aussi en fonction de l’axe écologique, pas uniquement économique. Essayer de faire moins, mais mieux.

Est-ce que nous aurions moins de travail ? Est-ce que nous nous retrouverions toutes et tous au chômage ? Je ne sais pas. D’une part, faire un produit ou un service de haute qualité prend du temps, exige (et valorise) l’expertise. D’autre part, je suis persuadée que le problème n’a jamais été la répartition du travail, mais la répartition des richesses. La question devrait donc plutôt être : est-ce que nous produirions moins de valeur ? Moins d’output, certainement. Mais peut-être plus d’outcome.

Et pour finir, certes le modèle économique associant croissance et réussite est notre réalité aujourd’hui. Mais c’est en train de changer.
Sur ce dernier point, regardez cette vidéo, vraiment. Julia Faure l’explique tellement bien… merci à elle.

Julia Faure TEDxUniversitedeTours : Redéfinir la réussite des entreprises

Je ne suis pas patron/directeur/chef, qu’est-ce que je peux y faire ?

C’est vrai, individuellement, nous avons peu de pouvoir, que ce soit en tant que salarié ou en tant que consommateur.

Mais imaginons que tout le monde applique la méthode BISOU pour ses achats. Imaginons que tous les salariés des entreprises commencent à questionner, à toutes les occasions possibles, la valeur réelle de leur production. Que cette préoccupation deviennent omniprésente, de la production à l’achat. Là je pense qu’il y aurait un changement !

Je ne peux pas changer les autres, je ne peux qu’essayer de m’appliquer à moi-même ce en quoi je crois, « être le changement que je veux voir dans le monde » comme disait Ghandi. Car on ne peut pas rester neutre, l’inaction est un choix et a des impacts.

(Pour voir plein d’autres excuses que nous aimerions tellement ne pas avoir à donner : https://sorrychildren.com/fr)

Et vous, quelle sera votre prochaine action ? Le prochain petit pas actionnable dès demain ? 🙂

Collaborer à distance : outils simples et conseils pratiques

Dans le cadre de l’initiative Summit4Good, j’ai été sollicitée pour faire une petite présentation rapide sur le sujet des outils dans le cadre de la collaboration à distance.

Voilà la petite présentation que j’ai concoctée pour l’occasion :

Enjoy, feedback welcomed and appreciated 🙂

Visuels pour poser le cadre… au féminin !

J’ai commis ces petits gribouillages au féminin 😉

Poster générique pour poser le cadre d’un moment d’échange collectif
Prime directive pour les rétrospectives (entre autre)

En fait, j’ai un problème avec l’écriture inclusive… je trouve ça très moche et complexe.

Par contre je suis 100% en phase avec son objectif… donc je me dis que après des siècles de domination du masculin dans la langue française, on pourrait bien essayer de tout passer au féminin pendant quelques temps ? En tout cas depuis que j’essaye (et ce n’est pas facile), je trouve que ça donne une vision du monde intéressante, peuplée de développeuses, directrices… et quand ça fait réagir je trouve que ça pointe aussi du doigt à quel point l’écriture au masculin n’est pas “neutre” non plus 

En attendant d’avoir un genre neutre ou une autre forme explicitement masculine définie dans la langue française peut-être ?

Lecture : Le Meurtre du Commandeur – Haruki Murakami

Je viens de terminer les deux tomes du roman Le Meurtre du Commandeur de Haruki Murakami. Je ne suis pas critique littéraire et je saurais expliquer exactement pourquoi j’adore autant cet auteur…

La musicalité ? Je lis très lentement, vraiment très lentement, car j’aime entendre la musique des phrases de ma tête, comme si une voix me lisait le livre. Parfois je relis même plusieurs fois la même phrase, testant différentes intonations, pour essayer de deviner celle qui sonne le mieux. J’ai ainsi l’impression de me rapprocher un peu plus de l’intention de l’auteur.

Les émotions ? Pour moi, elles transparaissent dans les textes notamment par les comparaisons, cette petite image qui va faire que soudain, oui, l’émotion est là. Car elle est inscrite dans notre mémoire, nous avons déjà eu cette impression que l’on peut rattacher à la même comparaison.

Je sentais sur ma peau la brûlure de ces regards acérés, comme une lumière concentrée par une loupe.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

Mais ce que l’on retient souvent des livres de Murakami, ce qui m’emporte et me transporte « ailleurs », c’est une sorte de poésie, une poésie du quotidien qui petit à petit ouvre les portes d’un autre monde et efface la frontière entre la réalité et le rêve. J’hésite souvent à conseiller ses livres, car même si je les adore on m’a souvent dit que c’était « trop bizarre ». Ou que la personne était frustrée de « ne pas avoir compris ».
Et effectivement, je ne pourrais pas dire que « comprends » vraiment ces romans. Mais je n’ai pas besoin de comprendre pour ressentir et aimer. Et parfois, ça fait du bien, de ne pas comprendre. Comme pour nous enseigner que, au final, le plus important c’est pas de comprendre, mais de vivre.

Quelques lignes que je voudrais retenir de cette lecture :

Le juste rapport ce crée à mesure que le progresse. C’était ce qu’avait dit l’homme sans visage.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

– Où mène ce conduit ?
– Je l’ignore. Votre destination, c’est mous-même, c’est votre volonté qui la détermine.
– Mais dans ma volonté entre aussi une part de peur, dis-je. Cela me préoccupe. Ma frayeur peut fausser les choses et peut-être me faire prendre une mauvaise direction.
– Permettez-moi d’insister, mais c’est vous-même qui décidez de votre chemin. De toute façon, vous avez déjà choisi celui que vous devriez prendre. Vous avez consenti à un grand sacrifice en venant dans ce monde, vous avez traversé la rivière sur la barque. Vous ne pouvez plus reculer.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

« Le cœur est dans la mémoire, il vit en se nourrissant d’images »

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

La torche était tombée à environ un mètre de distance de là où j’avais chuté. Ma main tâtonnante finit par la retrouver. Récupérer cette lampe en plastique fut sans aucun doute l’un des grands événements de ma vie.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

J’enfilai un chemise blanche en coton tout juste repassée, et un pantalon chino kaki bien repassé. Je m’efforçai de faire face au monde réel avec le plus de courtoisie possible. Mais l’aube ne se montrait toujours pas.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

Pour moi, nul besoin d’un défi aussi compliqué […]. Car je suis gratifié de la capacité de croire. Aussi exigu et obscur que soit le lieu où je dois m’enfoncer, aussi sauvage que soi la lande désertique qu’il me faut traverser, je suis capable de croire sincèrement qu’il y a des êtres qui, quelque part, m’offrent leur assistance pour me guider.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

J’éprouve un sentiment d’extrême quiétude, comme si je contemplais une pluie ininterrompue à la surface d’une vaste étendue d’eau. Dans mon cœur, cette pluie ne cesse de tomber.

[Haruki Murakami, Le Meurtre du Commandeur]

Si vous ne connaissez pas cet auteur j’espère vous avoir donné un peu envie de le découvrir…

Agile Tour Rennes 2019

Prologue

… Attendez… 2019 ?!?
Euh… Oui. Je sais, ça paraît un autre temps, une autre vie. Nous sommes en train de changer de monde et moi je vous parle d’un événement de 2019 ?

J’ai hésité. La première semaine de confinement a été bien remplie : il a fallu ré-inventer notre manière de travailler, réorganiser la famille, la maison, les espaces, le temps, et apprendre à concilier les casquettes de salariée, maman et maîtresse d’école.
Enfin le WE arrive… et je me rappelle que j’ai un blog et que ça fait longtemps que je n’ai rien écrit dessus 🙂
Je pourrais vous parler de ce qui a changé, des nouvelles pratiques professionnelles et familiales… mais tout cela est trop récent, j’ai besoin de plus de recul pour savoir comment elles se créent, s’installent, se transforment ou périclitent dans le temps.

Alors pour ce post de reprise, je partage simplement les petits gribouillages réalisés lors d’Agile Tour Rennes 2019. Désolée de ne pas être plus « d’actualité », mais j’ai besoin de temps pour digérer, avant de (peut-être) partager des expériences plus récentes.

Agile Tour Rennes

Je me rappelle très bien de mon tout premier Agile Tour Rennes. C’était mon premier Agile Tour tout court, et c’est là que j’ai décidé de devenir coach agile (j’étais alors product owner) et de consacrer mes prochaines années professionnelles à promouvoir et développer cet extraordinaire état d’esprit de partage et cet enthousiasme que je venais d’expérimenter. Alors quand je reviens à un Agile Tour Rennes… c’est toujours avec un petit peu de nostalgie et beaucoup de bonheur.

Une particularité de cet Agile Tour sur deux jours est d’avoir une journée ouverte aux enfants (le samedi) et mes lutins sont toujours ravis de m’y accompagner. C’est vraiment génial de pouvoir partager ces moments avec mes enfants !

Cette édition 2019 était vraiment réussie. Je n’ai malheureusement pas pu gribouiller pendant toutes les conférences auxquelles j’ai assisté loin de là, notamment parce qu’en fin de journée mon cerveau était « un peu grillé » et que le deuxième jour j’avais deux lutins à gérer en parallèle… En dehors des posters de conférence que je vais partager ci-dessous, je retiens :

  • la démarche éco-responsable au niveau des goodies, des gobelets. Les carnets étaient disponible uniquement pour les personnes qui en avaient besoin, les gobelets ré-utilisés, les participants ayant été encouragés à venir avec leur ecocup… Un énorme bravo à l’équipe organisatrice pour cette démarche tellement juste et importante !
  • l’équicoaching, une découverte ! J’ai autant appris des difficultés des adultes à être 100% « présents » pour créer un lien avec les chevaux, que de la facilité de mes enfants à faire le même exercice…

Merci encore aux organisateurs pour cette superbe édition !

Les gribouillages

Et donc les voilà, les gribouillages de conférences. Forcément, sans y avoir assisté ce n’est pas très compréhensible… J’espère quand même que ça sera un peu utile, soit pour vous donner envie d’en savoir plus (plusieurs de ces conférences ont été enregistrées), soit pour vous rappeler de bons moments si vous y étiez 🙂

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Voilà pour ce petit post « de reprise »… j’espère avoir le temps et la motivation pour continuer à alimenter ce blog plus régulièrement pendant la période de confinement.

D’ici là, surtout prenez soin de vous et de vos proches en cette période difficile ❤

Dis, c’est quoi l’agilité ?

Quand cette question arrive (dans un contexte professionnel, pas sportif 😉 ) je suis toujours un peu embarrassée pour répondre.

D’une part, qui suis-je pour poser une définition alors qu’il y a tant de perception et de compréhensions différentes de ce concept ?

D’autre part… ce n’est pas si évident à définir, et renvoyer aux valeurs et principes du manifeste agile n’aide pas forcément quand ceux qui posent la question attendent une réponse simple et concrète. Sauf que ce n’est pas simple…

Alors j’essaye de trouver une formulation courte, en une phrase, avec au moins l’essentiel puisque je ne pourrai jamais tout faire passer en 30 secondes. Une sorte de MVP 😉

Après plusieurs tentatives de formulations qui ont évolué au gré des inspirations, voici ma version du jour, imparfaite et pas du tout figée mais bon, j’aurais bien aimé savoir ce que vous en pensez…

L’agilité c’est des petites équipes soudées et autonomes, qui réalisent des produits de valeur pour un monde meilleur, avec l’amour du client, du travail bien fait, et un minimum de règles.

Voilà les notions que j’ai essayé de placer dans cette phrase :

  • Décentralisation des décisions au niveau de petites équipes…
  • … donc autonomie de ces équipes
  • Valorisation de liens forts entre les individus (« soudées »)
  • Pilotage par la valeur
  • Motivation trouvée dans le « why » (Golden Circle, « pour un monde meilleur »)
  • Le souci constant de satisfaire le client, qui a mon sens implique la recherche de la plus grande proximité possible et de boucles de feedback efficientes
  • L’expertise technique, au sens « artisanat », software craftsmanship
  • Et bien sûr, en dernier mais c’est pour que quand on dit la phrase ce soit ce qui reste le plus à l’oreille : un minimum de règles

Je suis vraiment très curieuse d’avoir le feedback de la communauté sur cette phrase…